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Courrier mensuel de l'Office de Documentation et d'Information de Normandie

Samedi 7 Janvier 2017

Sous les sabots de Sleipnir, le coursier d'Odin…
Actualités normandes du mois de décembre 2016


Les actualités des fins d’année sont toujours écrasées par les agapes gastronomiques des fêtes de Noël et du Jour de l’An. Les préoccupations des hommes et des femmes se concentrent sur la fièvre consumériste : la Normandie n’échappe pas à ce maelström commercial et, reconnaissons-le, c’est la plus grande actualité du moment. Dans l’esprit des gens. Dans les commentaires des journaux. Aussi la moisson est maigre lors du dépouillage des articles paraissant dans la presse normande.

D’autre part, nous nous abstiendrons d’évoquer les actions du Conseil régional de Normandie, devant, dans quelques jours, dresser le bilan de la première mandature Morin (cf. le communiqué n° 248 du Mouvement Normand).

AU PLAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

Abordons d’abord les mauvaises nouvelles (nous nous appesantirons sur les bonnes…).

La crise a touché la Normandie… comme partout en France, peut-être plus qu’ailleurs. Une carte très explicite, illustrant un article d’Ouest-France (13 déc.), intitulé « Le vrai du faux de la crise en Normandie », montre l’évolution de l’emploi, de 2003 à 2013, dans les zones d’emploi normandes. On y constate que les zones ayant le mieux résisté à la crise sont les bassins de Rouen, Caen, Honfleur, Saint-Lô et Granville, et celles qui ont le plus souffert sont pratiquement tout le département de l’Orne, les secteurs de Bernay, Evreux, Vernon-Gisors, Bayeux et la Vallée de la Bresle. Le reste ? Il a stagné ! Ces contrastes sur le marché de l’emploi sont certes éclairants, mais ils ne montrent pas vraiment l’atonie normande par rapport aux régions adjacentes.                                                                                                                                                       

Nos Élus aiment savoir si leur secteur a progressé d’une décennie à l’autre : ils ne veulent surtout pas se comparer aux autres régions car, là, réside la réalité du dynamisme ainsi comparé – souvent à leur désavantage ! – d’avec ces autres régions…
Il paraît qu’il y a un recul du chômage de catégorie A (- 1,5 % en novembre ; 3,5 % sur le trimestre), mais les chiffres restent cruels : il y a en Normandie 196 910 chômeurs de catégorie A et… 285 250 chômeurs toutes catégories confondues.
Ces chiffres – désastreux – sont à comparer aux 46 500 emplois générés par l’économie maritime, aux 5 500 emplois dans les activités liées à la pêche ou encore aux 4 300 emplois temps pleins des activités sportives (chiffres que l’on trouve dans la presse normande de décembre)… On mesure la casse sociale du chômage en comparant ces chiffres, et l’on parle des menaces sur la SEITA au Havre ou des 60 emplois qui risquent d’être supprimés à la CMA – CGM, toujours au Havre ! On pourrait, hélas, multiplier les exemples.                                                Et ce n’est pas la médiocre saison touristique qui peut nous rasséréner (- 8,1 % pour la fréquentation des hôtels et des campings. Dans nos trois principaux départements touristiques, les résultats sont inquiétants : - 17 % en Seine – Maritime, - 16 % dans la Manche, - 11 % dans le Calvados). Espérons qu’en 2017…

Tout n’est pas noir en matière économique et sociale.
  • On parle de la « déferlante » SAINT-JAMES pour évoquer le succès international de l’entreprise textile qui fabrique la célèbre marinière. Son P.D.G. conduisait, il y a quelques jours, une délégation de chefs d’entreprises normandes, en Corée du Sud, à l’occasion de l’ouverture d’une de ses boutiques à Séoul.
  • Les « start – up » normandes, qui se sont préparées pour certaines à partir à Las Vegas, début janvier, lors du Consumer Electronic Show, s’organisent en un « village » dans le Hangar 107, sur les quais de Rouen.
  • Une raffinerie d’huile végétale, OLVEA NEW TECHNOLOGY, va s’installer à Saint-Léonard, près de Fécamp.
  • ALPINE, à Dieppe, met son nouveau modèle en vente par une présérie de 1955, toutes déjà retenues.
  • Le VILLAGE DES MARQUES, à Honfleur, commence à prendre forme. Le recrutement de son personnel commence.
  • La célèbre SCOP, ACOME, à Mortain, qui compte 1 000 emplois, spécialisée dans les câbles optiques notamment, où elle est un leader européen, envisage d’ouvrir une filiale à Saint-James.
  • La biscuiterie JEANNETTE, totalement relancée, va ouvrir un second site à Colombelles. Il sera opérationnel en septembre 2017.
  • HELLER-JOUSTRA, maquettiste bien connu, dont l’unité de production se situe à Trun, connaît une véritable renaissance depuis qu’il s’est adossé au groupe MAPED
  • ELVIA, leader du circuit imprimé, qui travaille pour l’Armée, l’Aviation, l’Automobile, est en plein rebond et sort d’une période qui fut difficile.
  • La CAISSE D’ÉPARGNE DE NORMANDIE, en partenariat avec NORMANDIE-Tech, effectue une transformation digitale complète.
  • Pour les véhicules à hydrogène, on compte installer 15 stations en Normandie pour 2018.

CELA BOUGE DANS L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
  • L’Université du Havre, en liaison avec la ville, va rassembler ses étudiants et ses écoles dans un super-campus, déjà largement esquissé, dans les docks.
  • L’École de Management de Normandie obtient un nouveau label européen, l’accréditation EQUIS (European quality improvement system), délivrée par l’E.F.M.O. (European Foundation for management development). Jean-Guy Bernard, directeur général de l’E.M. – Normandie commente : « Ce prestigieux label atteste de la qualité de l’école et de la pertinence de sa stratégie. Il lui donne un nouvel avantage concurrentiel de poids en France et à l’international pour poursuivre ses évolutions au service de ses étudiants et de ses partenaires professionnels et institutionnels. Par ailleurs, cette accréditation valorise les diplômes que nous délivrons et doit donc contribuer à une meilleure insertion des diplômés » (in Ouest-France, 21 déc.).
  • À Vernon s’installe l’Institut des Techniques d’ingénieur de l’Industrie (250 élèves attendus à la rentrée 2018). Cette école se trouvait jusqu’alors à Evreux, mais devant l’augmentation des effectifs, il fallait des locaux plus spacieux et plus adaptés : le Plateau de l’Espace de Vernon était l’endroit idéal. La Région, le département contribuent pour 5,5 millions d’euros pour cet investissement. La proximité de grandes entreprises comme SAFRAN et S.F.K. permet d’envisager la création d’un ensemble cohérent et structurant pour la Vallée de la Seine et la Région normande. Hervé Morin a précisé : « Il y a, là, le potentiel industriel et technologique, le germe de quelque chose de majeur ».

CHRONIQUE SOUVENT DÉSESPÉRANTE DES INFRASTRUCTURES DE COMMUNICATION NORMANDES    

Nous avons l’impression de rabâcher, mais que nos lecteurs sachent bien que nous relevons – avec rage souvent – tous les indices de dysfonctionnement ou de retard concernant la mobilité des Normands (Nos Trente Ans de retard !). Il faudra un jour instruire le procès de l’État et des Élus responsables de la déshérence dans laquelle la Normandie a été tenue pendant des décennies… Nous ne nous étendrons pas sur les malheurs de la ligne Paris-Granville, les avatars de Paris-Le Havre, l’insuffisance criante du réseau routier dans toute la partie sud de la Normandie… Observons que, à Rouen même, le Pont Levant (qui ne se lève jamais) Gustave Flaubert ne sera raccordé à la rocade Sud III qu’en… 2024… La S.A.P.N. – S.A.N.E.F. nous fait l’insigne grâce d’envisager la création d’un nécessaire échangeur sur l’A 13… à condition que la Région et le département du Calvados versent une… rançon de 1 000 000 d’euros. Dans notre naïveté, nous pensions que les sociétés propriétaires d’autoroutes assumeraient le développement de leur si lucrative source de financement. Et les péages vont encore augmenter…

Nous avons tout de même relevé des motifs de satisfaction en matière de communications durant ce mois de décembre :
  • La réouverture de la ligne Bréauté – Fécamp, après deux ans de travaux sur le parcours, est une bonne nouvelle, pour Fécamp, pour la Normandie, pour le transport ferroviaire, pour les usagers.
  • Il y aura désormais deux trains directs quotidiens dans les deux sens, sur la ligne Caen-Rouen. Ce qui donne onze trains par jour (au lieu de neuf).
Quant à la nouvelle phase de consultation concernant la Ligne Nouvelle Paris – Normandie (L.N.P.N.), nous n’en dirons rien, sauf à faire remarquer que toutes ces études, consultations, concertations, etc… transforment ce projet en un véritable serpent de mer. On finira par atermoyer pendant plus d’une décennie pour en commencer la réalisation, là où, en d’autres endroits de France, six à sept ans sont suffisants pour concrétiser un projet. À qui devons – nous cette lenteur escargotique ? Aux gouvernements du quinquennat Hollande et à la complaisance des dirigeants des deux ex-régions normandes. Les premiers ont fait d’autres choix. Les seconds ont accepté, tout en enfumant l’opinion normande. Leur indécence à la ramener aujourd’hui sur ce chapitre est insupportable et nous ne cesserons de la dénoncer…

Dans un domaine proche, mais qui touche aussi à la transition énergétique, remercions Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, d’avoir appuyé la réalisation, en première mondiale, de la « Route solaire » dans l’Orne. « L’idée est géniale », a dit la ministre et c’est l’usine de Tourouvre qui est à l’origine du concept et de sa mise en application.
Enfin nous apprenons que les travaux pour la réalisation du Canal Seine – Nord – Europe débuteront au printemps prochain. Paris-Normandie (8 déc.), dans une double page, expose – à notre avis bien tardivement – la nouvelle problématique que cela entraîne : « Les ports normands ne veulent pas rester à quai ».


EN PLACE D’UNE NOUVELLE GÉOGRAPHIE DES COLLECTIVITÉS EN NORMANDIE MISE

Comme partout en France, mais en Normandie peut-être avec plus d’ampleur, une nouvelle organisation territoriale se met en place. En règle générale, le Mouvement Normand est favorable à ce chamboulement administratif, mais nous pensons qu’il faudra beaucoup de pédagogie pour le faire accepter par la population. Au reste, les choses vont se fixer après le 1er janvier 2017 et nos journaux sont déjà pleins d’articles relatant la constitution des nouvelles C.D.C. (Communautés de communes), des fusions communales, des nouvelles agglos et autres pôles métropolitains. Le problème, c’est que, dans l’esprit des gens – et il faut les comprendre – les nouveaux cadres ont des prérogatives différentes et que cela brouille l’économie de la réforme. Et puis les lourdeurs des différentes gouvernances font douter de l’intérêt de ces changements. Les citoyens jugeront sévèrement les doublons, dépenses inutiles, complexités de gouvernance. « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », semble être le leitmotiv des artisans de la réforme. Il va falloir, dans les années à venir, affiner ces systèmes complexes, rechercher systématiquement les économies d’échelle, expliquer, expliquer encore, expliquer toujours. Le sujet en vaut la peine.

En attendant, le Mouvement Normand se réjouit du lancement – enfin ! – du Pôle Métropolitain de l’Estuaire, qui avait été retoqué par le Gouvernement pour des raisons obscures (?). Certes, l’ensemble présente encore des trous (Pourquoi Honfleur boude-t-il encore ce qu’il devra rallier bientôt puisque la C.D.C. d’Honfleur vient de se marier avec celle de Beuzeville, qui, elle, adhère déjà au Pôle métropolitain ?). Nous approuvons aussi la constitution de l’Agglo de Lisieux – Normandie et de Fécamp – Caux – Littoral… En janvier, nous ferons le point pour l’ensemble de la Normandie et nous connaîtrons alors les nouvelles équipes qui prendront la direction de ces nouvelles entités. Inutile de préciser que la lutte pour les présidences bat son plein en ce moment…

Un problème se pose – nous y reviendrons aussi – à propos du choix des noms des communes nouvelles. Ils sont souvent grotesques et divergent de la tradition française (Ex : Rives–EN– Seine et non Rives–SUR–Seine, le tout pour remplacer ces lieux tout à fait identifiés par l’histoire et la renommée : Caudebec-en-Caux, Villequier, Saint-Wandrille)… On peut multiplier les exemples à l’envi. Autre conséquence, et elle n’est pas neutre : souvent les noms de nos villages proviennent des anciennes paroisses, d’où les Saint-Nicolas de ceci, les Saint-Jean de cela… Les communes nouvelles ne peuvent comptabiliser dans leur nom tous les saints que les anciennes communes évoquaient. De ce fait, on supprime toutes les références aux Saints patrons… Et l’on s’étonne (?) que la France se déchristianise… Faisons une suggestion : garder impérativement les noms des anciennes communes comme lieux-dits indispensables pour les adresses personnelles. La commune nouvelle aurait un numéro d’identification déterminé par les 4 premiers chiffres, chacune des anciennes communes seraient affectées par le 5e chiffre qui les individualiserait. Ex : Arelaune-en-Seine = 7694, d’où La Mailleraye-sur-Seine 76 941, Saint-Nicolas de Bliquetuit 76 942…
Tout cela peut apparaître secondaire et subalterne : nous pensons qu’il ne faut rien négliger pour faire comprendre une pourtant si nécessaire évolution.

RENFORCER NOS IDENTITÉS

Le mot « identité » semble défriser certains esprits qui ne rêvent que mondialisme et cosmopolitisme, melting pot, le tout étant dans tout et réciproquement. La grande philosophe Simone Weil a dit ce qu’il fallait pour la défense des racines et des identités. Et ces racines et ces identités, on les retrouve dans la vie de tous les jours.
Ainsi, en ce mois de décembre 2016, nous nous réjouissons que le Cidre du Cotentin ait obtenu son A.O.C., que le Carnaval de Granville soit reconnu par l’Unesco, que les Éditions Tec-Nor aient fait paraître « Jeux et Sports Normands » (Histoire et règles actuelles) et, qu’enfin, nos amis des Editions d’Héligoland achèvent leur panorama des armoiries communales dans les départements normands par la parution de l’ouvrage « Les armes municipales des Pays ornais ». Le travail mené par Denis Joulain, l’héraldiste que le Mouvement Normand a eu la chance de rencontrer, est exceptionnel et les dessins de Jean-Paul Fernon d’une clarté remarquable. C’est toute l’identité archiséculaire de nos communes qui s’affichent. Cela a un sens. À tel point que nombreuses sont les communes qui, dépourvues jusqu’à maintenant d’armoiries, s’en dotent maintenant. C’est un signe.


2 décembre 2016
Guillaume LENOIR
Assisté d’Emma Davesne et Edwige Le Forestier 

P.S. : Tous les faits signalés dans cette chronique reposent sur des articles collectés dans la presse normande. Pour plus de précisions, s’adresser à l’O.D.I.N. (87, rue de la République – 76 940 La Mailleraye sur Seine).

La Rédaction


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